Les ours polaires apparaissent là où on ne les a jamais vus !

Avec la transformation de leur habitat, les ours polaires se déplacent de plus en plus vers des zones où ils étaient historiquement rares.

Depuis des siècles, les ours polaires (Ursus maritimus) sont les symboles de l’Arctique, parfaitement adaptés à la vie sur la banquise. Leur stratégie de chasse en dépend presque entièrement : depuis la glace ils traquent et capturent les phoques, leur principale source de nourriture.

Mais aujourd’hui, alors que l’Arctique se réchauffe plus rapidement que n’importe quelle autre région du monde les, scientifiques et communautés du Nord observent un phénomène inhabitel : des ours polaires apparaissent dans des zones où ils étaient rarement(voire jamais) observés auparavant.

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Steve Irwin

La banquise est au cœur de la survie des ours polaires. Chaque hiver, de vastes étendues de l’océan Arctique gèlent, créant les terrains de chasse dont les ours ont besoin pour capturer les phoques.

Mais la banquise arctique diminue fortement depuis plusieurs décennies. D’après les observations satellitaires, l’étendue de la glace estivale a diminué d’environ 13 % par décennie depuis 1979.

Comme la glace se forme plus tard à l’automne et fond plus tôt au printemps, les ours polaires sont contraints de passer de plus longues périodes à terre, où la nourriture est rare.

Sans accès à la banquise, de nombreux ours peinent à trouver suffisamment de calories pour survivre, en particulier les femelles qui élèvent des petits.

De nouvelles observations dans des lieux inhabituels

Avec la transformation de leur habitat, les ours polaires se déplacent de plus en plus vers des zones où ils étaient historiquement rares.

Des communautés du nord de la Russie, du Canada et de l’Alaska reportent une augmentation des rencontres avec les ours près des villages des zones de déchets ou des établissements côtiers. Dans certaines régions, des ours ont même été observés à plusieurs centaines de kilomètres au sud de leur aire habituelle.

Un cas qui a été médiatisé s’est produit en 2019 dans l’Arctique russe, lorsque des dizaines d’ours polaires sont entrés dans la localité de Ryrkaypiy, à la recherche de nourriture parmi des bâtiments abandonnés et des carcasses de morses à proximité.

Pour les scientifiques, ces déplacements reflètent une réalité écologique : lorsque la glace disparaît, les ours doivent explorer de nouveaux environnements pour survivre.

Un défi croissant pour les communautés arctiques

Pour les populations vivant dans les régions arctiques, la présence accrue d’ours polaires suscite à la fois de l’inquiétude: les rencontres peuvent être dangereuses. Les communautés ont ainsi dû mettre en place de nouvelles stratégies pour limiter les conflits, comme:

  • des patrouilles pour surveiller et éloigner les ours à proximité des villages
  • des systèmes sécurisés pour le stockage de la nourriture et des déchets
  • des dispositifs d’alerte précoce pour prévenir les habitants lorsque des ours approchent

Dans le même temps, de nombreuses communautés autochtones rappellent que les ours polaires ont toujours fait partie du paysage arctique.
La différence avec aujourd’hui, c’est la fréquence croissante de ces rencontres.

Un Arctique en mutation

Le déplacement des ours polaires est un vrai un signal d’un changement environnemental rapide.

L’Arctique se réchauffe environ quatre fois plus vite que la moyenne mondiale, transformant des écosystèmes restés relativement stables pendant des milliers d’années. À mesure que la banquise disparaît, les ours polaires pourraient dépendre davantage de ressources terrestres, comme les œufs d’oiseaux, les carcasses d’animaux ou de la végétation.

Mais ces ressources ne peuvent pas remplacer complètement les bénéfices qu’ils obtiennent en chassant les phoques.

Les chercheurs alertent donc : sans banquise suffisante, de nombreuses populations d’ours polaires pourraient fortement décliner d’ici la fin du siècle.


Sources

  • National Geographic : Polar bears appearing where they never were before
  • NASA Earth Observatory : Arctic sea ice trends
  • IUCN Polar Bear Specialist Group reports
  • NOAA Arctic Report Card
  • WWF : Polar bear conservation and climate impacts
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